Aux Philippines, les interdits qui coûtent vraiment cher tiennent dans six textes : le Republic Act 9165 sur les stupéfiants, l’Executive Order 26 de 2017 sur le tabac, le Republic Act 10175 sur la cybercriminalité, les règles du Bureau of Immigration, celles de la CAAP sur les drones et les arrêtés municipaux des îles touristiques. Les sanctions vont de 500 pesos pour une cigarette mal placée à la prison à perpétuité pour une remise de drogue, quelle que soit la quantité. Le reste tient à trois réflexes : un enregistrement e-Travel gratuit, un billet de sortie dans la poche, une extension de visa demandée avant le 30e jour. Voici chaque interdit avec le texte qui le fonde et le montant réel encouru.
Le tableau des interdits réellement sanctionnés

La plupart des articles sur le sujet parlent de gestes à éviter sans jamais citer une seule référence. Le tableau ci-dessous fait l’inverse : chaque ligne indique le texte philippin applicable et le montant que vous risquez. Les conversions utilisent un taux de 66 pesos pour 1 euro, valable en août 2026.
| Interdiction et texte qui la fonde | Sanction encourue |
|---|---|
| Possession de stupéfiants, moins de 5 g de méthamphétamine ou moins de 300 g de cannabis (Republic Act 9165, section 11) | 12 ans et 1 jour à 20 ans de prison, plus 300 000 à 400 000 PHP d’amende, soit 4 500 à 6 100 euros |
| Vente, remise ou transport de drogue, quelle que soit la quantité (Republic Act 9165, section 5) | Réclusion à perpétuité et 500 000 à 10 000 000 PHP, soit 7 600 à 151 000 euros |
| Usage de stupéfiants, première infraction (Republic Act 9165, section 15) | Six mois minimum en centre de désintoxication agréé par l’État |
| Fumer ou vapoter hors zone autorisée (Executive Order 26 de 2017, pénalités du Republic Act 9211, section 32) | 500 à 1 000 PHP à la première infraction, 1 000 à 5 000 PHP à la deuxième, 5 000 à 10 000 PHP à la troisième |
| Cyberdélits du Republic Act 10175 : accès illégal, interception, atteinte aux données | Emprisonnement (prisión mayor) ou amende d’au moins 200 000 PHP, soit environ 3 000 euros |
| Dépassement de la durée de séjour autorisée (Bureau of Immigration) | 500 PHP par mois entamé, plus les frais de régularisation |
Aucune quantité minimale ne protège aux Philippines : la section 5 du Republic Act 9165 punit la remise de drogue de la perpétuité, même pour un gramme offert à un ami.
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Drogue, tabac et vape : les interdits les plus sévères

Ces trois sujets sont réunis dans la tête des voyageurs et séparés dans le droit philippin. Une cigarette au mauvais endroit vous coûte le prix d’un repas. Un joint vous coûte douze ans.
Que risquez-vous vraiment avec des stupéfiants ?
Le Republic Act 9165 gradue les peines par quantité, mais le plancher reste très haut. En dessous de 5 grammes de méthamphétamine, de cocaïne ou de résine de cannabis, ou de 300 grammes d’herbe, la section 11 prévoit 12 ans et 1 jour à 20 ans de prison. Entre 5 et 10 grammes, on passe à 20 ans et un jour jusqu’à la perpétuité.
La section 15 traite l’usage à part : la première fois, un consommateur relève d’un placement de six mois minimum en centre de réhabilitation d’État. À la deuxième, la prison redevient la règle, de six à douze ans, assortie de 50 000 à 200 000 pesos d’amende.
Vous n’avez donc aucune marge d’appréciation à espérer. Refusez toute proposition, y compris dans les zones festives de Boracay et de Siargao, et ne laissez jamais votre sac sans surveillance dans un bus ou un ferry.
Où n’avez-vous pas le droit de fumer ni de vapoter ?
L’Executive Order 26 de 2017 interdit de fumer dans les lieux publics clos et dans les transports, sans exception de statut ni de nationalité : restaurants, bureaux, bâtiments administratifs, centres commerciaux, gares et terminaux, jeepneys, bus et ferries. Le Republic Act 9211 y ajoute les enceintes scolaires, les hôpitaux, les aires de jeux et les cages d’escalier, y compris en extérieur.
Une zone fumeurs reste possible, mais la section 4 de l’Executive Order l’encadre au mètre près : jamais à moins de dix mètres d’une entrée, d’une sortie ou d’un lieu de passage, et une surface totale plafonnée à 20 % de la surface du bâtiment. Un seul emplacement de ce type est autorisé par bâtiment.
Le texte vise les produits de combustion. Beaucoup de municipalités touristiques ont étendu l’interdiction à la vape par arrêté local, et les agents ne font pas la différence sur le terrain. Traitez votre cigarette électronique comme une cigarette.
Les montants sont ceux de la section 32 du Republic Act 9211 : de 500 à 1 000 pesos la première fois, soit 7 à 15 euros. La somme est faible, la procédure ne l’est pas, et elle se règle en général au poste de police du barangay.
L’alcool en public et les couvre-feux municipaux
Il n’existe pas de règle nationale sur la consommation d’alcool dans la rue : chaque municipalité fixe la sienne par ordonnance. Plusieurs villes appliquent un couvre-feu sur la vente d’alcool en soirée, souvent entre minuit ou 1 h et 8 h du matin, et certaines interdisent purement de boire sur la voie publique.
Trois réflexes suffisent pour ne jamais tomber dessus :
- Demandez à votre hébergement quelle est l’ordonnance en vigueur dans le barangay, la réponse est immédiate et fiable.
- Ne sortez pas de bouteille ouverte d’un bar ou d’un restaurant, même pour quelques mètres.
- Sur les îles, considérez que la plage n’est pas la rue et qu’elle a ses propres règles, souvent plus strictes.
En vidéo
Ce qu’il ne faut pas faire sur les plages, île par île

C’est le point que les listes généralistes ignorent presque toutes : ce qui est parfaitement toléré à Cebu est verbalisable à Boracay. Les règles ne sont pas nationales, elles sont municipales.
Boracay : la plage n’est ni un bar ni un cendrier
Depuis la fermeture et la réhabilitation de l’île en 2018, White Beach fonctionne sous un régime à part. Fumer et boire de l’alcool sur le sable y sont interdits par ordonnance de la municipalité de Malay, et le contrôle est réel : des équipes municipales circulent sur la plage en journée comme en soirée.
Les feux, les lanternes et les fêtes sur le sable sont également proscrits. La construction de châteaux de sable, suspendue depuis 2018, a été rouverte sous conditions par la municipalité. Buvez et fumez dans les établissements, pas entre eux.
El Nido et Siargao : laissez le plastique à usage unique
El Nido applique l’ordonnance municipale n° 004, série de 2013, qui encadre le plastique à usage unique : sacs, gobelets en polystyrène, pailles et couverts jetables. En pratique, les bouteilles et emballages jetables sont refusés à l’embarquement des tours en bangka vers les lagons, et les prestataires appliquent la règle eux-mêmes.
Siargao suit la même logique avec l’interdiction des sacs plastique à usage unique et l’obligation faite aux commerces de passer à des contenants biodégradables. Une gourde réutilisable règle le problème pour tout le séjour.
Ne ramassez ni corail, ni coquillage, ni sable
Emporter du corail, des coquillages ou du sable relève de la législation philippine sur les ressources marines et donne lieu à des saisies régulières aux contrôles de sortie. Le geste paraît anodin, la qualification ne l’est pas.
Même logique dans l’eau : ne posez pas les palmes sur le récif, ne touchez pas les requins-baleines d’Oslob ou de Donsol, et gardez la distance imposée par les guides. Ces sites vivent sous surveillance permanente et l’exclusion est immédiate.
Les erreurs de formalités qui vous bloquent à l’embarquement

Les trois erreurs suivantes ne vous coûtent pas une amende : elles vous coûtent votre vol. Elles se règlent toutes avant le départ, gratuitement ou presque.
Ne payez jamais votre enregistrement e-Travel
L’enregistrement e-Travel est obligatoire pour toute personne entrant aux Philippines. Le portail officiel etravel.gov.ph affiche lui-même deux mentions décisives : l’inscription est gratuite, et elle n’ouvre que dans les 72 heures qui précèdent l’arrivée ou le départ. Inutile de vous y prendre un mois à l’avance, le formulaire vous refusera.
Le Bureau of Immigration a publié un avertissement explicite sur les faux portails. Des sites imitant l’interface officielle facturent 3 000 à 5 000 pesos, soit 45 à 75 euros, une démarche qui ne coûte rien, comme le rappelle l’avis du Bureau of Immigration sur l’e-Travel. Vérifiez que l’adresse se termine bien par gov.ph avant de saisir la moindre donnée.
Ne vous présentez pas sans billet de sortie
Les compagnies aériennes sont tenues de vérifier que vous disposez d’un billet de continuation ou de retour avant de vous embarquer vers Manille ou Cebu. Sans ce justificatif, l’embarquement vous est refusé au comptoir, avant même le sujet du visa.
Un billet vers un pays voisin, daté à l’intérieur de votre durée de séjour autorisée, suffit. Gardez-le en PDF sur le téléphone et en version imprimée.
Ne dépassez pas 30 jours sans extension de visa
Les ressortissants français reçoivent 30 jours à l’arrivée. Au-delà, une extension se demande au Bureau of Immigration : le visa waiver ajoute 29 jours, soit 59 jours au total, pour 3 030 pesos exactement, frais express et legal research fee compris. Notre guide sur le visa et l’extension 9A détaille la procédure bureau par bureau.
Passé 59 jours, la carte ACR I-Card devient obligatoire. Chaque mois entamé au-delà de la date limite ajoute 500 pesos d’amende, et l’irrégularité se paie au moment du départ, devant l’agent qui tamponne votre sortie.
Ce qu’il ne faut pas faire avec votre argent

Les Philippines fonctionnent encore largement en espèces dès que vous quittez Manille et Cebu. Deux erreurs reviennent en boucle chez les voyageurs français.
Ne changez pas vos euros dans la rue
Les changeurs informels des zones touristiques pratiquent le compte truqué et les coupures retirées pendant le décompte. Passez par une banque, un bureau de change agréé ou un distributeur, et comptez vos billets avant de quitter le guichet.
Prévoyez aussi de petites coupures. Un billet de 1 000 pesos est souvent impossible à rendre dans un tricycle, un sari-sari store ou un ferry de province. Nous avons chiffré chaque poste dans le budget réel d’un voyage aux Philippines.
N’oubliez pas la travel tax ni les taxes d’île
La travel tax philippine s’élève à 1 620 pesos en classe économique et 2 700 pesos en première, prélevés au départ du territoire. Point que presque personne ne mentionne : les touristes étrangers dont le séjour n’excède pas un an en sont exemptés, et une taxe indûment perçue se réclame auprès de la TIEZA.
Boracay ajoute son propre système, le Boracay iPass : une redevance environnementale versée à la municipalité de Malay, des frais de terminal pour la province d’Aklan et la traversée en bateau depuis Caticlan, réglés ensemble en ligne contre un QR code. Les montants sont révisés périodiquement, vérifiez-les au moment de réserver.
Ce qu’il ne faut pas publier depuis les Philippines

Le Republic Act 10175, dit Cybercrime Prevention Act, s’applique à ce que vous publiez depuis le territoire philippin, y compris sur un compte français. La diffamation en ligne y est traitée plus sévèrement que la diffamation classique, avec une peine relevée d’un degré.
Le texte punit par ailleurs l’accès illégal à un système, l’interception de données, l’atteinte aux données et le cybersquattage d’une peine de prison ou d’une amende d’au moins 200 000 pesos, environ 3 000 euros. Le cybersexe monte jusqu’à 1 000 000 de pesos.
Concrètement, évitez trois choses :
- Mettre en cause nommément un hôtel, un prestataire ou un agent public dans un avis rédigé sous le coup de la colère.
- Photographier ou filmer des militaires, des policiers, des installations portuaires ou aéroportuaires.
- Publier la photo d’un tiers reconnaissable, en particulier un mineur, sans son accord.
Un avis en ligne écrit depuis Palawan relève du droit philippin, pas du droit français. La plainte se dépose sur place et la procédure se poursuit après votre départ.
Les zones à éviter et ce qu’il ne faut pas improviser

Les Philippines comptent plus de 7 000 îles et la quasi-totalité de l’archipel touristique ne pose aucun problème de sécurité. Une zone précise fait exception, et elle est identifiée noir sur blanc.
Les zones formellement déconseillées par le Quai d’Orsay
Le ministère français des Affaires étrangères classe en rouge, donc formellement déconseillé, l’île de Basilan, les archipels de Sulu et de Tawi-Tawi, la péninsule de Zamboanga (Zamboanga del Norte, del Sur et Sibugay), Misamis occidental, Maguindanao, Lanao del Sur et del Norte, North Cotabato, Sultan Kudarat, South Cotabato hors General Santos, Sarangani, Compostela Valley, l’île de Samal ainsi que la zone maritime allant du sud de Palawan à l’archipel de Sulu.
Sont déconseillées sauf raison impérative les provinces de Davao del Norte, Davao, Agusan del Sur, Misamis oriental à l’ouest de Cagayan de Oro, Bukidnon et Surigao del Sur. Consultez les conseils aux voyageurs pour les Philippines avant de fixer votre itinéraire, le classement évolue.
Luzon, Palawan, les Visayas, Cebu, Bohol, Siargao et Boracay ne figurent dans aucune de ces deux listes. Vous pouvez construire un voyage complet sans jamais approcher une zone sensible, en suivant notre plan de voyage par zone.
Ne faites pas voler un drone sans autorisation
La Civil Aviation Authority of the Philippines fixe le seuil sur l’usage, pas sur la taille de l’appareil. Tout drone servant à une exploitation commerciale doit être enregistré, quel que soit son poids. Un drone de loisir n’y est soumis qu’à partir de 7 kilos, ce qui laisse hors du champ la quasi-totalité des appareils de voyage.
Cette dispense ne porte que sur l’enregistrement. Les abords des aéroports, les installations militaires et les zones où le public se rassemble restent interdits en toutes circonstances, et une vidéo monétisée fait basculer votre vol du côté commercial.
Certaines municipalités, Boracay en tête, ajoutent leur propre autorisation locale. Demandez-la au bureau du tourisme municipal avant le premier vol, pas après le premier contrôle.
Questions fréquentes
Le cannabis est-il légal aux Philippines ?
Non. Seul un usage médical très encadré existe et il ne concerne pas les voyageurs. La détention de moins de 300 grammes d’herbe relève de la section 11 du Republic Act 9165, soit 12 à 20 ans de prison et 300 000 à 400 000 pesos d’amende.
L’enregistrement e-Travel est-il payant ?
Non, il est entièrement gratuit sur etravel.gov.ph et n’ouvre que dans les 72 heures précédant l’arrivée. Tout site qui vous facture ce service est un intermédiaire privé, pas l’administration philippine.
Peut-on boire de l’alcool sur la plage de Boracay ?
Non. La consommation d’alcool et le fait de fumer sont interdits sur White Beach depuis la réhabilitation de l’île. Les bars et restaurants situés en retrait du sable restent ouverts et servent normalement.
Combien de temps un Français peut-il rester aux Philippines ?
Trente jours à l’arrivée, puis 29 jours supplémentaires avec le visa waiver, pour 3 030 pesos au Bureau of Immigration. Au-delà de 59 jours, la carte ACR I-Card devient obligatoire et le séjour peut se prolonger par extensions mensuelles.
Faut-il payer la travel tax en quittant le pays ?
Les touristes étrangers dont le séjour n’excède pas un an en sont exemptés. Si le montant de 1 620 pesos a été inclus dans votre billet, une demande de remboursement se dépose auprès de la TIEZA.
Peut-on filmer avec un drone à Boracay ou à El Nido ?
Pas librement. Un appareil de loisir de moins de 7 kilos échappe à l’enregistrement CAAP, mais tout usage commercial l’impose quel que soit le poids. Plusieurs municipalités touristiques exigent en plus une autorisation locale.
