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Quand partir aux Philippines : le bon mois dépend de l’île, pas du pays

7 août 2026 13 min de lecture
Quand partir aux Philippines : le bon mois dépend de l’île, pas du pays

Le bon mois pour partir aux Philippines dépend de l’île visée, pas du pays. L’agence météorologique nationale PAGASA découpe l’archipel en quatre types climatiques : Palawan et Manille (Type I) sont bien secs de novembre à avril, mais Siargao, Samar et Batanes (Type II) n’ont aucune saison sèche et reçoivent leur maximum de pluie de décembre à février, soit les mois que tout le monde recommande.

Cebu, Boracay, Bohol et Camiguin (Types III et IV) voient la pluie répartie sur l’année. Repérez d’abord le type climatique de votre spot, la date se déduit ensuite.

Pourquoi la saison sèche de décembre à avril ne vaut que pour la moitié du pays ?

Une averse tropicale sur une côte de l'archipel : la pluie ne suit pas le même calendrier partout. Photo : Pok Rie / Pexels

Ouvrez trois guides sur les Philippines, vous lirez trois fois la même phrase : saison sèche de décembre à avril, saison des pluies de juin à novembre. Cette phrase décrit correctement Manille, où les statistiques nationales sont produites, et la côte ouest de l’archipel. Elle décrit très mal la moitié orientale du pays.

Les Philippines s’étirent sur près de 1 850 kilomètres du nord au sud et comptent plus de 7 000 îles. Une moyenne nationale calculée sur un territoire pareil ne veut pas dire grand-chose. PAGASA le reconnaît noir sur blanc : la pluviométrie annuelle va de 965 à 4 064 millimètres selon les stations.

Le facteur qui décide, c’est l’orientation de votre île par rapport aux deux moussons et aux reliefs. Les côtes exposées à l’ouest prennent la mousson du sud-ouest (l’habagat) de juin à septembre. Les côtes exposées à l’est prennent l’alizé du nord-est (l’amihan) de novembre à février, exactement quand les autres sèchent.

Décembre, mois le plus recommandé des guides, est aussi le mois le plus arrosé de Siargao, de Samar et de Batanes.

La température, elle, ne départage aucun mois

Inutile de chercher un mois « frais » : il n’existe pas. PAGASA donne une température moyenne annuelle de 26,6 °C toutes stations confondues, avec un minimum en janvier à 25,5 °C et un maximum en mai à 28,3 °C. Moins de trois degrés séparent le mois le plus frais du plus chaud.

L’humidité, elle, bouge davantage : de 71 % en mars à 85 % en septembre selon la même source. Retenez donc que la chaleur sera au rendez-vous quoi qu’il arrive, et que seule la pluie fait vraiment la différence entre deux dates.

Reperez-vous

Les Philippines en un coup d'oeil

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Les quatre types climatiques PAGASA et le calendrier des 12 mois

Les quatre types climatiques PAGASA et leurs mois de référence

Ce que dit la classification officielle

PAGASA classe chaque province selon la classification de Coronas modifiée. Elle repose sur la distribution des pluies mesurée par le réseau de stations de l’agence, pas sur une moyenne nationale. Quatre types sont reconnus, et ils ne racontent pas du tout la même histoire.

Voici les définitions officielles, telles que PAGASA les publie dans sa classification climatique nationale :

  • Type I : deux saisons marquées, sèche de novembre à avril, humide le reste de l’année, avec un maximum de pluie de juin à septembre.
  • Type II : aucune saison sèche, pas un seul mois sec, et un maximum de pluie très marqué de décembre à février.
  • Type III : pas de maximum de pluie vraiment marqué, avec une saison sèche courte, de un à trois mois seulement.
  • Type IV : pluie plus ou moins également répartie sur toute l’année, sans saison sèche.

Retenez la ligne du Type II. Elle dit littéralement que le maximum de pluie tombe en décembre, janvier et février, c’est-à-dire pendant la fameuse « haute saison » que la moitié des blogs vous vend comme le meilleur moment.

Le tableau maître : votre spot, son type, sa fenêtre

Repérez votre destination dans ce tableau avant de réserver quoi que ce soit. Le type indiqué vient de la carte climatique officielle de PAGASA, pas d’une moyenne de blogs.

Spot et type PAGASAFenêtre à viser, mois à fuir
El Nido, Palawan nord (Type I)Viser décembre à avril. Fuir juillet à septembre.
Coron, Calamianes (Type I)Viser décembre à avril. Fuir juillet à septembre.
Manille (Type I)Viser décembre à février. Fuir juin à septembre.
Boracay, Aklan (Type III)Viser novembre à mai. Saison sèche courte, pas garantie.
Cebu et Moalboal (Type III)Viser mars à juin. Aucun mois vraiment noyé.
Malapascua, nord de Cebu (Type III)Viser février à mai, mer la plus calme.
Dumaguete, Negros Oriental (Type III)Viser mars à juin.
Île d’Apo, au large de Dauin (Type III)Viser mars à juin, visibilité maximale.
Siquijor (Type III)Viser mars à juin.
Banaue, Ifugao (Type III)Viser mars à mai. Rizières vertes de juin à août.
Bohol (Type IV)Praticable toute l’année. Mars à mai un peu plus sec.
Camiguin (Type IV)Praticable toute l’année. Viser février à mai.
Donsol, côte ouest de Sorsogon (Type IV)Viser février à mai pour les requins-baleines.
Siargao (Type II)Fuir décembre à février, son maximum de pluie. Viser mars à juin.
Samar et Eastern Samar (Type II)Fuir décembre à février. Viser avril à juin.
Batanes (Type II)Fuir décembre à février et août à octobre. Viser mars à juin.

Le calendrier mois par mois

Une fois le type repéré, le calendrier se lit tout seul. Ce tableau donne, pour chaque mois, où le climat travaille pour vous et où il travaille contre vous.

MoisOù aller, où éviter
JanvierPalawan, El Nido et Coron au sec. Éviter Siargao et Samar, en plein maximum de pluie.
FévrierLe meilleur compromis national. Palawan, Boracay, Cebu, Bohol. Les requins-baleines arrivent à Donsol.
MarsPresque tout le pays est bon. Siargao redevient praticable, Batanes s’ouvre.
AvrilChaud et sec presque partout. Semaine sainte : réservez tôt, les Philippins voyagent en masse.
MaiDernier mois sec du Type I, et le plus chaud de l’année. Excellent pour Cebu et Negros.
JuinLa mousson du sud-ouest arrive sur Palawan et Manille. Bon pour la côte est et les rizières de Banaue.
JuilletPalawan, Boracay et Manille sous la pluie. Siargao et Samar sont au sec relatif.
AoûtLe mois le plus arrosé de la côte ouest de Luzon. Évitez Manille et Palawan.
SeptembrePic de la saison des typhons sur Luzon nord et Bicol. Le surf démarre à Siargao.
OctobreRisque cyclonique encore élevé au nord. Les Visayas sud restent jouables.
NovembreLe Type I bascule au sec. Siargao entre dans sa période la plus pluvieuse.
DécembrePalawan et Boracay au mieux. Siargao, Samar et Batanes à leur maximum. Prix de haute saison.

Type I : El Nido, Coron et Palawan, la seule vraie saison sèche

Lagon et bangkas à Palawan, en zone climatique Type I. Photo : Ferdie Cayanga / Pexels

El Nido et Coron, de novembre à avril

Le nord de Palawan et l’archipel des Calamianes sont classés Type I. C’est la seule partie du pays où la promesse « saison sèche » tient réellement ses engagements six mois d’affilée.

De novembre à avril, la mer de Sulu reste plate, les sorties en bangka partent tous les jours et la visibilité sous l’eau dépasse souvent 20 mètres. À l’inverse, de juillet à septembre, les tours en bateau sont annulés plusieurs jours par semaine et les traversées vers Coron deviennent inconfortables.

Si Palawan est votre seule destination, réservez sur décembre-avril sans hésiter. Février et mars restent les deux mois les plus fiables.

Manille et la côte ouest de Luzon

Manille, Zambales, Pangasinan et toute la côte ouest de Luzon partagent ce même Type I. La capitale est étouffante et polluée en mai, inondée en août.

Si vous ne faites que transiter, le sujet ne se pose pas. Si vous comptez y passer deux ou trois jours, décembre à février propose les températures les plus supportables.

Types III et IV : Cebu, Boracay, Bohol et Camiguin, la pluie étalée sur l’année

Les Chocolate Hills de Bohol, en zone climatique Type IV. Photo : P199 / CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

Cebu, Moalboal et Malapascua

Cebu est en Type III : une saison sèche courte, un à trois mois seulement, et pas de maximum de pluie franchement marqué. Concrètement, il pleut un peu toute l’année, rarement toute la journée.

Cette régularité est une bonne nouvelle. Vous pouvez venir à Moalboal ou plonger le mur de Pescador presque n’importe quand, en acceptant une averse d’une heure en fin d’après-midi.

Pour Malapascua et ses requins-renards, visez février à mai : la mer y est la plus calme et la traversée depuis Maya est bien plus confortable.

Boracay, Bohol et Camiguin

Boracay se trouve en province d’Aklan, classée Type III et non Type I comme on le lit souvent. Sa saison sèche existe mais reste courte, ce qui explique les averses qui surprennent tant de visiteurs en janvier.

Bohol et Camiguin, elles, sont en Type IV : pluie répartie sur toute l’année, sans saison sèche du tout. Les Chocolate Hills brunissent en mars-avril et verdissent le reste du temps.

Traduction pratique : ces trois îles n’ont pas de mauvaise période, seulement des périodes légèrement plus humides. Elles sauvent un voyage mal calé sur le calendrier.

Dumaguete, Apo et Siquijor

Negros Oriental est en Type III. Dumaguete sert de base pour Dauin et l’île d’Apo, deux des meilleurs sites de plongée du pays.

Mars à juin donne la mer la plus lisse et la visibilité la plus stable sur Apo, où le courant peut être soutenu. Siquijor, à une heure de ferry, suit exactement le même rythme.

Type II : Siargao, Samar et Batanes, où décembre est le pire mois

Le ponton de Cloud 9 à Siargao, en zone climatique Type II. Photo : John Matthew / Pexels

Siargao : son maximum de pluie tombe en décembre et janvier

Voici le point qui devrait figurer en tête de tous les guides. Siargao appartient à la province de Surigao del Norte, classée Type II par PAGASA : aucune saison sèche, et un maximum de pluie très marqué de décembre à février.

PAGASA précise même que l’est de Samar, l’est de Surigao et Baguio reçoivent les précipitations les plus fortes du pays. Partir à Siargao en décembre parce qu’un article vous a parlé de « la saison sèche philippine » revient à viser précisément son pire trimestre.

La fenêtre confortable pour Siargao va de mars à juin, quand les pluies faiblissent et que la mer reste maniable. Les surfeurs, eux, obéissent à un autre calendrier, détaillé plus bas.

Samar, Batanes et la côte est de l’archipel

Samar, Eastern Samar, Catanduanes, Dinagat et Batanes partagent ce Type II. Toute cette façade orientale prend l’alizé du nord-est de plein fouet entre novembre et février.

Pour Batanes, la fenêtre utile se resserre encore : mars à juin. L’archipel est également le plus exposé aux typhons du pays, et les vols y sont annulés sans préavis dès que le temps se dégrade.

Si votre itinéraire mélange Palawan et Siargao dans le même voyage, aucun mois ne sera parfait pour les deux. Mars et avril sont le meilleur compromis possible.

Typhons : où le risque est réel et où il ne l’est pas

Deux typhons au large du nord de Luzon, octobre 2009. Image : NASA MODIS Rapid Response Team, domaine public via Wikimedia Commons

Le sujet mérite des chiffres plutôt que des frissons. Selon les données cycloniques de PAGASA, une vingtaine de cyclones tropicaux entrent chaque année dans la zone de responsabilité philippine, et 8 ou 9 traversent effectivement le pays.

20 cyclones par an dans la zone philippine, 8 à 9 qui touchent terre, et près de 70 % qui se forment entre juillet et octobre.

Le point que la statistique nationale masque, c’est la géographie. Les trajectoires remontent vers le nord-ouest depuis le Pacifique, ce qui concentre les impacts sur une partie du pays seulement.

Voici comment le risque se répartit réellement sur le territoire :

  • Fortement exposés : Batanes, le nord de Luzon, la région de Bicol, Catanduanes et Samar.
  • Modérément exposés : Manille, les Visayas centrales, Cebu et Leyte.
  • Largement épargnés : Palawan, le sud des Visayas et Mindanao, que les trajectoires contournent presque toujours par le nord.

PAGASA relève d’ailleurs que cette trajectoire nord-ouest préserve Mindanao de la majorité des typhons qui traversent le pays. Un voyage en juillet à Camiguin ou à Siargao reste donc bien moins risqué qu’un voyage à Batanes au même moment.

En pratique, prévoyez deux jours de battement avant votre vol de retour si vous voyagez entre juillet et octobre, et souscrivez une assurance qui couvre l’annulation de vols intérieurs.

Quel mois choisir selon votre profil de voyageur ?

Plongée sur récif : la fenêtre dépend du site autant que du mois. Photo : Jondave Libiran / Pexels

Plongée : Malapascua, Moalboal, Apo et Donsol

La plongée dépend moins de la pluie que de l’état de la mer et de la visibilité. La fenêtre commune aux quatre grands sites va de février à juin.

Donsol ajoute une contrainte biologique : les requins-baleines se rassemblent dans la baie surtout de février à mai. Hors de cette période, vous risquez de faire le déplacement pour rien.

Surf : Siargao de septembre à novembre

Les surfeurs prennent le contre-pied total du calendrier touristique. La houle du Pacifique lève les meilleures séries sur Cloud 9 de septembre à novembre, en pleine saison des typhons.

C’est un arbitrage assumé : plus de pluie, plus de risque de dépression, mais des vagues sans commune mesure avec celles du printemps.

Plages et farniente : Palawan et Boracay

Pour du sable et rien d’autre, restez en Type I et Type III occidental. Décembre à avril sur El Nido, Coron et Boracay reste imbattable.

Sachez simplement que vous partagerez la plage : ces mois concentrent la fréquentation et les tarifs les plus élevés de l’année.

Trek et rizières : Banaue et Batanes

Les rizières en terrasses de Banaue, en Ifugao, sont en Type III. Pour marcher au sec, visez mars à mai. Pour les photographier d’un vert éclatant, venez plutôt en juin-juillet et acceptez la boue.

Batanes se randonne de mars à juin, avant que la saison cyclonique ne rende les vols aléatoires. Là comme ailleurs, nous préférons donner la donnée officielle plutôt qu’un superlatif, une exigence que nous détaillons dans notre méthode de travail.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour partir aux Philippines ?

Si vous devez retenir un seul créneau pour un circuit multi-îles, prenez mars et avril. C’est la seule période où les quatre types climatiques sont simultanément praticables, hors saison cyclonique et hors maximum de pluie du Type II.

Quel est le pire mois pour aller aux Philippines ?

Cela dépend entièrement de la destination. Août est le pire mois pour Manille, Palawan et Boracay, alors que janvier est le pire mois pour Siargao, Samar et Batanes.

Peut-on aller aux Philippines en août ?

Oui, à condition de choisir la bonne moitié du pays. Le sud des Visayas, Bohol, Camiguin, Siargao et Mindanao restent tout à fait praticables en août, quand la côte ouest de Luzon est sous la mousson.

Quand partir à Siargao ?

De mars à juin pour le beau temps, de septembre à novembre pour le surf. Évitez décembre à février : c’est le maximum de pluie de l’île selon la classification PAGASA, malgré ce qu’annoncent les calendriers génériques.

Quelle température fait-il aux Philippines selon les mois ?

Entre 25,5 °C de moyenne en janvier et 28,3 °C en mai, pour une moyenne annuelle de 26,6 °C relevée par PAGASA. L’écart entre le mois le plus frais et le plus chaud reste donc inférieur à trois degrés : c’est la pluie, pas le thermomètre, qui doit guider votre date.

Faut-il craindre les typhons pendant son voyage ?

Le risque reste modéré et très localisé. Sur 8 à 9 cyclones qui touchent terre chaque année, la grande majorité frappe le nord de Luzon, Bicol et Samar entre juillet et octobre, en épargnant Palawan et le sud des Visayas.

Décembre est-il vraiment une bonne période ?

Pour Palawan, Boracay et Manille, oui, c’est même l’un des meilleurs mois. Pour Siargao, Samar, Catanduanes et Batanes, c’est l’un des pires, et les prix y sont pourtant au niveau de la haute saison.