Siargao se surfe douze mois sur douze, mais la fenêtre de qualité tient en deux mois : septembre et octobre, quand la houle remonte de 0,8 à 1,1 m avec une période qui passe de 9,5 à 10,2 s pendant que le vent reste offshore 57 % puis 35 % du temps. Les mois de grosse houle, décembre à février et leurs 1,6 à 1,7 m, sont plaqués par un vent de nord-est qui ne laisse que 3 à 6 % de créneaux propres. Sur les récifs coralliens de Cloud 9 et de Stimpy’s, c’est la marée, pas la taille, qui décide si vous pouvez vous mettre à l’eau.
La matrice des spots de Siargao

Huit breaks se partagent les surfeurs de l’île et ils ne réagissent pas aux mêmes conditions. Pour chacun, six paramètres décident de votre session : niveau requis, nature du fond, marée exploitable, direction de houle, vent optimal et taille minimale sous laquelle rien ne se lève.
Voici d’abord le raccourci le plus utile de tout l’article, la marée exploitable spot par spot.
| Spot | Marée exploitable |
|---|---|
| Cloud 9 | Mi-marée montante à pleine mer |
| Jacking Horse | Pleine mer uniquement |
| Tuason Point | Pleine mer montante |
| Stimpy’s | Toutes marées, mi-marée conseillée |
| Quicksilver | Mi-marée à pleine mer |
| Daku Reef | Pleine mer |
| Rock Island | Mi-marée montante |
| Pacifico | Toutes marées |
Cloud 9 et Jacking Horse : le même récif, deux vagues
Les deux spots se trouvent à deux cents mètres l’un de l’autre, sur le même platier, et ne s’adressent pas du tout aux mêmes surfeurs. Cloud 9 est une droite tubulaire de récif classée expert par les écoles locales, quand Jacking Horse sert de terrain d’apprentissage à toute l’île.
Cloud 9 en six lignes.
- Niveau : confirmé à expert, pas de compromis possible
- Fond : récif corallien vif, très peu d’eau à basse mer
- Marée : de la mi-marée montante à la pleine mer
- Houle : nord-est, dominante d’octobre à février
- Vent optimal : sud-ouest, donc offshore
- Taille minimale utile : environ 1,2 m au large
Jacking Horse répond aux mêmes houles, en beaucoup plus tolérant.
- Niveau : débutant, c’est le spot des premières sessions
- Fond : récif corallien, mais vague molle et épaule longue
- Marée : pleine mer uniquement, sous peine de racler
- Houle : nord-est, en résidu de ce qui casse à Cloud 9
- Vent optimal : sud-ouest
- Taille minimale utile : environ 0,6 m au large
Tuason Point, Stimpy’s et Pacifico : les gauches de récif
Ces trois breaks tournent à gauche et se déclenchent sur une houle de nord-est. Ils partagent un défaut : un récif proche de la surface et des courants marqués, avec des courants d’arrachement documentés à Tuason Point et des rochers affleurants à Pacifico.
- Tuason Point : confirmé à expert, récif corallien, pleine mer montante, houle de nord-est, vent d’ouest, à partir de 1,2 m.
- Stimpy’s : intermédiaire à confirmé, récif très peu profond, exploitable à toutes les marées mais plus sûr à mi-marée, houle de nord-est, vent d’ouest-sud-ouest, à partir de 1 m.
- Pacifico : confirmé, récif au nord-est de l’île, toutes marées, houle de nord-est, vent de sud-ouest, à partir de 1 m. Le spot ne sature presque jamais.
Quicksilver, Daku Reef et Rock Island : les spots à rejoindre en bateau
Ces trois-là ne se rejoignent pas en scooter. Vous partagez un bangka au départ de General Luna, avec trente à quarante-cinq minutes de navigation, et la marée conditionne autant l’accès que la vague.
- Quicksilver : confirmé, pic de récif au large, mi-marée à pleine mer, houle de nord-est à est, vent de sud-ouest, à partir de 1,2 m.
- Daku Reef : débutant à intermédiaire, récif au large de l’île de Daku, pleine mer, houle de nord-est, vent de sud-ouest, à partir de 0,8 m.
- Rock Island : intermédiaire à confirmé, récif, mi-marée montante, houle de nord-est, vent de sud-ouest, à partir de 1 m.
Situer les spots
Siargao sur la carte
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Pourquoi la marée décide de votre session ?

Sur un beach break, une erreur de marée vous coûte une vague molle. Sur le récif de Siargao, elle vous coûte la peau des genoux.
Un marnage de 1 à 1,5 m qui change la profondeur du récif
Le marnage à General Luna reste modeste à l’échelle du globe, de l’ordre de 1 à 1,5 m entre basse mer et pleine mer selon le cycle lunaire, avec deux marées hautes et deux marées basses par jour. Ce mètre et demi se retranche directement de la hauteur d’eau au-dessus du corail. Sur un platier qui affleure déjà, il fait toute la différence entre une session et une série de coupures.
Marnage typique à General Luna : 1 à 1,5 m. C'est la hauteur d'eau que vous perdez au-dessus du corail entre pleine mer et basse mer, à houle identique.
Les créneaux à éviter sur Cloud 9 et sur Stimpy’s
Cloud 9 devient très peu profond à basse mer et le guide de référence du spot recommande la période montante autour de la pleine mer. Les deux heures qui encadrent la basse mer sont à écarter, quelle que soit la taille annoncée.
Stimpy’s est donné exploitable à toutes les marées, ce qui ne veut pas dire sans risque. Le récif y est proche de la surface et le lineup ne propose pas de sortie facile en cas de chute.
Lire la table des marées la veille au soir
La méthode tient en trois gestes, à faire avant de dormir plutôt qu’au réveil. Elle vous évite de rouler quarante minutes pour rien.
- Relevez l’heure de la pleine mer du lendemain et retirez deux heures : voilà le début de votre créneau.
- Croisez avec le vent prévu : un flux de nord-est hache la vague même à la bonne marée.
- Comparez la houle annoncée au seuil minimal du spot visé dans la matrice ci-dessus.
Les statistiques historiques de Cloud 9 donnent les moyennes mensuelles, mais seule la prévision à trois jours vous dira quoi faire demain matin.
En vidéo
Le calendrier chiffré mois par mois

La plupart des guides se contentent de « bonne saison » et « mauvaise saison ». Voici les valeurs relevées sur le pic de Cloud 9, d’après les statistiques historiques du spot : hauteur moyenne de houle, période, direction dominante et part du temps où le vent souffle offshore.
| Mois | Houle, période, direction, vent offshore |
|---|---|
| Janvier | 1,7 m / 9,5 s / NE / 3 % |
| Février | 1,6 m / 9,4 s / NE / 3 % |
| Mars | 1,3 m / 9,5 s / ENE / 4 % |
| Avril | 1,1 m / 9,4 s / ENE / 9 % |
| Mai | 0,8 m / 9,1 s / ENE / 32 % |
| Juin | 0,7 m / 8,5 s / ENE / 42 % |
| Juillet | 0,7 m / 8,4 s / ENE / 50 % |
| Août | 0,7 m / 9,0 s / ENE / 60 % |
| Septembre | 0,8 m / 9,5 s / NE / 57 % |
| Octobre | 1,1 m / 10,2 s / NE / 35 % |
| Novembre | 1,3 m / 9,9 s / NE / 12 % |
| Décembre | 1,6 m / 10,0 s / NE / 6 % |
Septembre et octobre : la vraie fenêtre de qualité
Ce sont les seuls mois où la houle monte pendant que le vent reste favorable. Octobre affiche la période la plus longue de l’année, 10,2 s, signe d’une houle formée au large et non d’un clapot local. L’eau reste entre 28 et 30 °C, un lycra suffit.
Novembre monte encore d’un cran en taille, à 1,3 m, mais le vent n’y est offshore que 12 % du temps. Vous y gagnez de la puissance et vous y perdez la propreté de la vague.
De novembre à février : grosse houle, mauvais vent
Janvier détient le record de taille avec 1,7 m de moyenne, et le pire vent de l’année avec 3 % de créneaux offshore. L’amihan, la mousson de nord-est, plaque la vague pendant des semaines, et janvier reste le mois le plus arrosé de l’année avec 609 mm de pluie en normale sur trente ans.
Ces mois restent surfables pour un niveau confirmé, à condition de se lever avant le vent. La session de six heures du matin est la seule qui tienne ses promesses.
De mars à août : le plat, et ce qu’on en fait
De juin à août, la houle tombe à 0,7 m avec des périodes de 8,4 à 9 s. C’est trop peu pour Cloud 9, mais parfait pour apprendre à Jacking Horse ou à Daku Reef, avec un vent offshore 42 à 60 % du temps et presque personne à l’eau.
Notre guide de Siargao hors surf couvre les lagons, les îlots et les piscines naturelles, de quoi remplir les journées sans vague utilisable.
Pourquoi le pic de surf tombe en pleine saison des typhons ?

C’est le point qui déroute la plupart des voyageurs français. On leur a vendu une saison sèche de novembre à mai aux Philippines, et elle n’existe pas à Siargao.
Siargao est classée Type II, sans saison sèche
La classification climatique officielle du pays, tenue par la PAGASA, l’agence météorologique nationale, répartit l’archipel en quatre types selon la distribution des pluies. Siargao et le reste du Surigao del Norte relèvent du Type II : aucune saison sèche, avec un maximum de pluie très marqué de novembre à janvier.
Les normales sur trente ans de la station de Surigao del Norte, la plus proche de l’île, le confirment. Le mois le moins arrosé, août, reçoit encore 134 mm de pluie, et mai, deuxième au classement, 140 mm. En face, janvier culmine à 609 mm et décembre à 585 mm, pour un cumul annuel de 3 652 mm.
C’est l’inverse du calendrier de Manille ou de Palawan, ce que détaille notre pilier sur le bon mois selon l’île aux Philippines.
Ce qu’une dépression tropicale fait à la houle
Les houles de septembre et octobre naissent des systèmes tropicaux qui circulent dans le Pacifique ouest, souvent à plusieurs centaines de kilomètres de l’île. Une dépression lointaine envoie une belle houle longue période sur le récif, la même dépression passée sur Siargao ferme l’aéroport.
Suivez donc les bulletins de la veille cyclonique officielle des Philippines pendant votre séjour et gardez deux jours de battement avant le vol retour. Nos chiffres sur la saison des typhons aux Philippines remettent le risque réel à sa place.
Septembre et octobre cumulent la meilleure houle de l'année et le pic de la saison cyclonique. Les deux ont la même cause.
Se mettre à l’eau sur un récif sans se blesser

Un surfeur habitué aux beach breaks des Landes ne mesure pas ce que change un fond de corail vivant. La chute est moins amortie et la moindre entaille traîne pendant des semaines sous les tropiques.
Coupures de corail : ce qui arrive vraiment
Le corail laisse des fragments calcaires dans la plaie, et des bactéries avec. Une coupure négligée s’infecte en deux ou trois jours, avec une rougeur qui remonte depuis la blessure. Le réflexe utile tient en quatre gestes.
- Rincez immédiatement à l’eau douce, jamais à l’eau de mer
- Frottez pour retirer les débris de corail, même si ça pique
- Désinfectez et couvrez avant de retourner à l’eau
- Consultez à General Luna dès que la rougeur s’étend
Courants et sortie de vague
Les courants d’arrachement sont documentés à Cloud 9 et à Tuason Point. Ils vous sortent du pic vers le large, ce qui fatigue mais reste rarement dangereux si vous ne luttez pas de face : traversez le courant parallèlement à la côte avant de revenir.
Ce que coûte une session encadrée
Les tarifs de Cloud 9 sont encadrés localement et affichés au boardwalk. Voici les ordres de grandeur constatés en 2025, à reconfirmer sur place, en pesos philippins.
- Accès au boardwalk : 100 PHP par personne, casier 100 PHP
- Cours d’une heure avec moniteur et planche : 600 PHP
- Location de planche seule : 200 PHP l’heure
- École structurée, séance de 1 h 30 : 2 000 PHP en groupe, 2 500 PHP en individuel
- Tricycle depuis General Luna : environ 50 PHP
Un débutant qui prend cinq cours d’une heure sur une semaine s’en sort autour de 3 000 PHP, soit une cinquantaine d’euros au cours de 2025.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur mois pour surfer à Siargao ?
Octobre. La houle atteint 1,1 m avec une période de 10,2 s, la plus longue de l’année, et le vent reste offshore 35 % du temps. Septembre suit de près, avec un vent plus favorable mais une houle plus petite.
Cloud 9 est-il accessible à un débutant ?
Non. Les écoles locales le classent expert et le récif est très peu profond à marée descendante. Un débutant commence à Jacking Horse, à deux cents mètres de là, ou à Daku Reef.
Cloud 9 est-il toujours bondé ?
Le pic sature dès que les conditions s’alignent, surtout de septembre à novembre et entre six et neuf heures du matin. Prenez la toute première session au lever du jour, ou reportez-vous sur Pacifico et Rock Island, qui se remplissent rarement. Le lineup applique la priorité classique : le surfeur le plus proche du pic passe.
Combien coûte un cours de surf à Siargao ?
Comptez autour de 600 PHP l’heure au boardwalk de Cloud 9 en 2025, planche et moniteur compris. Une école structurée facture 2 000 à 2 500 PHP pour une séance de 1 h 30, et la location de planche seule revient à 200 PHP l’heure.
Faut-il des chaussons de récif à Siargao ?
Ils rendent service pour marcher jusqu’au pic et sur les sessions de basse mer, mais gênent le surf lui-même. Beaucoup de locaux surfent pieds nus et gardent les chaussons pour l’accès.
Peut-on surfer à Siargao pendant la saison des typhons ?
Oui, et c’est même la meilleure période, puisque les dépressions lointaines génèrent la houle. Le risque porte sur les vols et les traversées, pas sur les sessions.
Combien de jours faut-il prévoir sur place ?
Sept à dix jours. La marée n’ouvre qu’un ou deux créneaux exploitables par jour sur les spots de récif, et il faut compter deux ou trois journées sans houle utilisable, même en octobre. Pour caler l’île dans un circuit plus large, voyez notre plan de voyage par zone.
